Kabayo ILDU

« C’est un appel de Dieu » : un combattant colombien ayant effectué plus de 80 missions de combat

Un Colombien portant l’indicatif « Caballo Loco » est venu défendre l’Ukraine après neuf années de service dans l’armée colombienne. Au moment de notre entretien, il avait effectué plus de 80 missions de combat, combattu dans la forêt de Serebriansky et dans le secteur de Pokrovsk, et s’était retrouvé à de nombreuses reprises face à la mort.

 

 

Malgré les dangers qu’il a vécus et l’inquiétude de sa famille, Caballo considère sa présence en Ukraine comme une vocation supérieure. Il est venu pour aider à protéger ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes face à une agression injuste.

 

 

 

De la Colombie à l’Ukraine

 

 

Caballo est arrivé en Ukraine vers septembre 2023 :

 

 

« C’était ma propre décision : je voulais apporter ma petite contribution à l’Ukraine. »

 

 

Auparavant, le Colombien avait servi pendant environ neuf ans dans l’armée de son pays. Une partie de l’expérience qu’il avait acquise lui a été utile, mais la guerre en Ukraine s’est révélée complètement différente :

 

 

« La guerre ici est très différente de celle que nous connaissons en Colombie. Ici, elle est beaucoup plus dure et l’atmosphère est très tendue. »

 

 

 

Endurci au combat

 

 

Au moment de notre entretien, Caballo avait déjà effectué plus de 80 missions de combat. Il considère les combats dans la forêt de Serebriansky et dans le secteur de Pokrovsk comme les plus difficiles.

 

 

Le volontaire colombien a passé environ onze mois dans la forêt de Serebriansky. Au début, la situation y restait relativement sous contrôle, mais tout a ensuite brusquement changé :

 

 

« Au début, nous pouvions encore faire notre travail, mais soudain, tout a complètement explosé. »

 

 

 

La menace venue du ciel

 

 

Lors de l’une de ses dernières missions avant notre entretien, Caballo a échappé de peu à une blessure causée par un drone larguant des explosifs.

 

 

Sa rotation était déjà terminée et le groupe se préparait à quitter ses positions. Cependant, les drones ennemis continuaient d’attaquer sans relâche.

 

 

Le commandant a alors transmis par radio l’ordre de se replier et les a avertis que les drones se trouvaient déjà au-dessus d’eux.

 

 

Caballo marchait tranquillement lorsqu’un des drones a soudainement braqué une lumière sur lui :

 

 

« Ne m’éclairez pas », a-t-il dit, avant de demander : « Pourquoi m’éclairez-vous si vous êtes des nôtres ? »

 

 

Selon son récit, une grenade est tombée peu après et, deux secondes plus tard, des sous-munitions ont commencé à tomber.

 

 

Caballo s’est mis à courir à travers la forêt. Les munitions explosaient à proximité. Il criait à son camarade pour lui indiquer où il se trouvait, mais n’a reçu aucune réponse.

 

 

Il était une heure ou deux heures du matin, mais, heureusement, il faisait suffisamment clair pour que son frère d’armes finisse par apercevoir Caballo sur un sentier près d’une petite colline. Là, le Colombien a trouvé un creux ressemblant à une tranchée et s’y est réfugié. Peu après, une autre grenade est tombée à proximité et a enseveli le creux. Heureusement, tout le monde a réussi à s’en sortir indemne.

 

 

 

Une vocation supérieure

 

 

La décision de venir en Ukraine a été difficile pour Caballo, et pas seulement à cause des dangers de la guerre :

 

 

« Ma mère s’inquiète beaucoup. »

 

 

Ses amis, ses frères et ses sœurs ne voulaient pas non plus qu’il parte combattre. Pourtant, il considère sa présence ici comme une vocation à laquelle il ne peut se soustraire :

 

 

« Être ici est un appel de Dieu et, pour moi, c’est inévitable, quoi que dise ma famille. »

 

 

 

Une école de caractère

 

 

Caballo sait que la guerre est une étape de la vie qui laisse des traces non seulement sur le corps, mais aussi sur le psychisme :

 

 

« Elle affecte une personne aussi bien physiquement que psychologiquement. Et ici, la vision du monde des gens change complètement. »

 

 

Le Colombien encourage les étrangers à venir en Ukraine, à acquérir de l’expérience et à contribuer à la cause commune. Selon lui, il ne suffit pas de voir la guerre de ses propres yeux : il est également important de contribuer au combat :

 

 

« C’est bien d’acquérir ce genre d’expérience. Mais c’est encore mieux de servir et d’apporter une contribution importante à la cause commune ici, en Ukraine. »

 

 

Caballo souligne également la force de l’effort collectif :

 

 

« Car, ensemble, nous formons l’une des plus grandes armées du monde. Et nous continuons d’avancer. »

 

 

 

Pour l’avenir

 

 

Lorsque la guerre sera terminée, Caballo souhaite fonder une famille. Pour l’instant, il considère que sa mission est de protéger sa propre vie, ses frères d’armes et ceux qui ne peuvent pas se défendre eux-mêmes face au danger : les enfants, les femmes et les personnes âgées. Il explique simplement sa présence en Ukraine :

 

 

« Je suis ici pour aider tous ceux qui ne peuvent pas se protéger eux-mêmes. »

 

 

 

Entretien : Volodymyr Patola


Texte : Dmytro Tolkachov


Vidéo : Oleksandr Los, Volodymyr Patola


Édition : Oleksandr Bekker