Thirteenth ILDU

« J’ai trouvé ici mon honneur » — Treizième, volontaire polonais dans les rangs des Forces armées ukrainiennes

Konrad, indicatif « Treizième », est Polonais jusqu’à la moelle des os — l’incarnation de « l’honneur » comme code intérieur de dignité, de fierté et d’intransigeance. S’il avait vécu à l’époque de la noblesse, on pourrait facilement l’imaginer cavalier au sabre — un guerrier épris de liberté qui ne baisse jamais la tête devant l’ennemi.

Aujourd’hui, son arme est une mitrailleuse PKM, et son champ de bataille — les fronts de la guerre russo-ukrainienne. Treizième a traversé de rudes combats dans la forêt de Serebriansk, et pour sa participation aux combats près de Pokrovsk, il a été décoré de la distinction « Croix d’or ».

 

 

Konrad est venu en Ukraine pour des raisons personnelles. Mais c’est précisément dans le tourbillon de la guerre, parmi ceux venus des quatre coins du monde, qu’il a compris : c’est ici qu’est sa place :

 

 

« Je suis venu ici pour changer quelque chose dans ma vie. Avant cela, je n’avais aucune expérience du combat. Mais j’ai suivi ici une bonne formation et j’ai commencé à combattre épaule contre épaule avec des gens formidables. »

 

 

Avant de rejoindre l’armée ukrainienne, le Polonais a essayé plusieurs métiers. L’expérience acquise s’est révélée aujourd’hui étonnamment précieuse sur le front, où comptent non seulement la précision du tir, mais aussi tout un éventail de compétences — de la rapidité de réflexion au travail manuel :

 

 

« J’ai travaillé comme ouvrier du bâtiment, mécanicien. J’ai fait beaucoup de choses. Et mon expérience dans la construction m’aide maintenant à construire rapidement des abris. »

 

 

Treizième a foulé le sol ukrainien pour la première fois en 2022. En 2023, il est devenu combattant de la Deuxième Légion internationale de défense de l’Ukraine. Depuis, l’Ukraine est devenue pour lui un lieu de service et de combat, et ses retours au pays ne sont que des pauses entre les rotations :

 

 

« J’ai eu une longue pause. Il fallait que je me libère l’esprit. Nous avons vécu trop de choses, vu trop de choses, nous étions très fatigués. C’est pourquoi j’ai dû rentrer chez moi. »

 

 

Chez lui, Treizième est accueilli avec chaleur et gratitude. On comprend là-bas que son combat ne concerne pas seulement l’Ukraine, mais aussi la sécurité de la Pologne face à la menace venant du nord-est :

 

 

« C’est bien quand tout le monde dans ma ville, tous mes professeurs, savent d’où je suis venu et me disent : “Konrad, tu fais quelque chose de bien.” »

 

 

En même temps, Treizième est une personnalité aux multiples facettes, capable d’exprimer ses sentiments non seulement par les balles tirées vers l’ennemi, mais aussi de manière plus subtile :

 

 

« Mon hobby, c’est la peinture. La peinture et la sculpture. J’aime faire des choses complexes. J’aime aussi lire. Mais aujourd’hui, je me concentre sur l’entraînement — c’est devenu mon principal hobby. »

 

 

La guerre a appris à Konrad l’essentiel — penser et agir à la limite de la vitesse, lorsque la vie dépend de quelques secondes :

 

 

« L’ennemi veut te tuer en premier. Donc tu dois te déplacer vite, changer de position rapidement. »

 

 

Cependant, chacune de ses sorties est un jeu avec le danger. Chaque mission est un défi où la survie dépend non seulement de ses propres qualités, mais aussi de la confiance, de la coordination et du soutien des camarades :

 

 

« La dernière fois, ma mission était très difficile. J’ai perdu environ sept kilos. Il fallait beaucoup courir. Mais tout va bien. Nous avons survécu. De bons conducteurs nous ont évacués. »

 

 

Pour Treizième, la guerre a un visage — ce sont les gens à ses côtés. Ce sont eux qui le maintiennent debout quand ses forces sont à bout. Car, au final, à la guerre, la vie dépend souvent de l’épaule fiable à côté de soi :

 

 

« Nous avons vraiment une bonne équipe. Nous avons de bons commandants. Nous avons une bonne formation. Oui, c’est bien ici. Tout cela, c’est ma famille. Ce ne sont pas seulement des amis — c’est une famille. »

 

 

C’est pourquoi Konrad apprécie avant tout la loyauté et la fiabilité. L’art militaire peut s’apprendre avec le temps — par la formation et l’expérience du combat. Mais le véritable dévouement ne vient pas avec un ordre — chacun doit le cultiver en soi :

 

 

« Nous avons besoin de bons combattants. De bonnes personnes, équilibrées. Pas de TikTokeurs qui rompent les contrats et courent d’une unité à l’autre. Si tu viens chez nous — reste avec nous. Nous deviendrons ta famille. »

 

 

Dans le tourbillon d’une guerre d’une telle ampleur, il est difficile de penser à l’avenir. Mais pour ce Polonais, ce n’est pas un fardeau, c’est une source de force. L’inconnu ne l’effraie pas — il le motive à rester et à combattre précisément ici, là où se forge sa foi en demain :

 

 

« Nous ne savons pas ce qui arrivera ensuite. C’est pourquoi je suis ici. J’ai trouvé ici mon Dieu. J’ai trouvé ici mon pays. J’ai trouvé ici mon honneur. »

 

 

En même temps, Treizième ressent la responsabilité de transmettre à ses compatriotes une vérité simple : la menace venant de la Russie est réelle et inévitable. On ne pourra ni s’en cacher ni attendre qu’elle passe. C’est pourquoi, selon Konrad, il faut agir et soutenir l’Ukraine, car la vérité formulée autrefois par Jerzy Giedroyc reste d’actualité : sans une Ukraine indépendante, il n’y a pas de Pologne indépendante :

 

 

« Polonais, réveillez-vous enfin. Le monde entier est en danger. Ici meurent nos frères. Nous devons simplement nous réveiller pour nos frères et sœurs. »

 

 

 

Texte : Dmytro Tolkatchov


Photo, vidéo : Volodymyr Patola, Oleksandr Los


Montage : Oleksandr Bekker